Culpabilité, grossophobie : prêtes à tout pour perdre leurs kilos en trop

Lifestyle - Femme
09-05-2022
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L’émergence des réseaux sociaux a renforcé la société du paraître dans laquelle on vit, créant de multiples complexes, notamment aux femmes en surpoids ou obèses. Rongées par la culpabilité, elles sont prêtes à tout pour perdre du poids, jusqu’à faire le jeûne !

Deux Français sur trois : c’est le nombre de Français considérant que l’obésité est avant tout un manque de volonté, d’après une nouvelle enquête (*) initiée par l’application Fedmind. Une idée reçue que la science réfute : une étude britannique dénombre plus de 110 facteurs à l’origine de l’obésité.

Plus d’un Français sur trois estiment que donner plus de visibilité aux personnes en surpoids dans le cinéma, les médias et la publicité, c’est aggraver l’obésité en la banalisant. Une réalité qui est bien ressentie sur les réseaux sociaux par les personnes obèses. En effet, quand elles osent enfin s’assumer, on leur reproche de faire l’apologie de l’obésité.

Pire encore, un Français sur cinq pense que la grossophobie peut contribuer à faire perdre du poids aux obèses car cela les motiverait à ne plus la subir. Autrement dit, certains seraient prêts à importuner les obèses jusqu’au bout... mais « pour leur bien » !

(*) A l’occasion de la journée mondiale de l’obésité, étude menée entre le 24 et le 25 février auprès de 1002 individus âgés de 18 ans et plus, extraits du panel de Yougov Direct. Résultats redressés afin d’être représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus selon les critères socio-démographiques (sexe, âge, PCS individu, catégorie d’agglomération, région d’habitation du foyer).



Une alternative aux mille et un régimes à la mode ? 


Plus de 80%. C’est le taux d’échec des régimes avec restrictions caloriques dans les études qui mesurent l’effet des régimes restrictifs sur la perte de poids à long terme. Un argument utilisé par les adeptes du jeûne intermittent. Le secret serait d’abandonner les régimes, de manger ce que l’on veut mais seulement durant un court moment, en réservant chaque jour une longue période de jeûne pour l’organisme. Alors que le jeûne du Ramadan est de plus en plus médiatisé, des non-musulmanes le détournent en « défi 30 jours/jeûne intermittent ». Côté célébrités, Ophélie Winter l’a même testé, affirmant avoir rapidement perdu six kilos. Dans les groupes de personnes en surpoids, sur les recherches Google et sur les réseaux sociaux, la tendance est clairement perceptible. 


Un avis médical à suivre


« J’ai entendu des femmes, non-musulmanes, se poser la question d’entreprendre le jeûne du Ramadan. Les études montrent de nombreux bienfaits du jeûne intermittent pour les personnes avec une corpulence normale ou un léger surpoids. Néanmoins, pour les personnes obèses ou avec des troubles alimentaires, les études sont beaucoup plus mitigées. De telles restrictions peuvent même provoquer des effets inverses à long terme. Mieux vaut consulter son médecin avant de se lancer », avertit Maïwen Janovet.

La jeune femme est en première ligne pour observer ces nouvelles tendances. Ancienne obèse, elle a créé l’association des Obèses Anonymes. Ce sont des groupes de parole qui s’inspirent de la méthode des Alcooliques Anonymes, privilégiant l’accompagnement et le soutien psychologique. Pour développer l’approche à plus grande échelle, Maïwen Janovet a fondé l’application Fedmind, qui signifie « Esprit nourri ». Élaborée avec des CSO (centres spécialisés sur l’obésité) et un conseil scientifique, la méthode en ligne propose aux personnes en surpoids ou obèses un accompagnement global, psychologique et une communauté bienveillante.


Un effet de groupe qui fonctionne à plein régime


Selon la jeune femme, il existe dans cette tendance du « Régimadan » un bénéfice dont tout le monde devrait grandement s’inspirer : l’effet de groupe et le soutien.  « Si vous avez des amies qui suivent aussi le jeûne du Ramadan, on sait grâce à la psychologie sociale que le collectif et l’entraide vont grandement vous aider à tenir vos engagements » , explique Maïwen Janovet.

A noter que de nombreux groupes d’entraide et de parole pour les personnes en surpoids ou obèses existent. En France, le CNAO (Collectif National des Associations d’Obèses) ou encore la Ligue contre l’Obésité sont également très actifs pour orienter vers des professionnels spécialisés.