Décryptage des réseaux sociaux

Lifestyle - High tech - Parents
01-10-2019
Décryptage des réseaux sociaux

Ils font partie du quotidien de beaucoup de Français, qui y passent en moyenne 1h30 par jour. Les réseaux sociaux sont devenus LE nouveau mode de communication, et en particulier celui des adolescents. Bienfaits ou poisons, ces nouvelles interfaces changent la façon dont l’individu se définit dans un groupe mais aussi face à lui-même. 


Par Élise Galle-Tessonneau


Voilà plus de 10 ans que le réseau social Facebook et son lot de « like » et d’« amis » règne en maitre sur nos écrans. Accompagné depuis quelques années par les géants Snapchat et Instagram, ils changent notre rapport à la réalité, avec leurs interactions qui permettent d’entrer en contact avec le reste de la planète et de recevoir un flot d’informations en continu. Mais l’innovation peut parfois tourner au cauchemar quand les utilisateurs ne prennent plus de recul vis-à-vis de cette cyberréalité. Insultes, harcèlement ou encore « body-shaming » sont les affligeantes contreparties de ces nouvelles « amitiés virtuelles ». 


À l’occasion de la remise des prix aux jeunes gagnants du concours « Non au harcèlement », Brigitte Macron a pu informer les jeunes des dangers d’internet. « Avant, le harcèlement s’arrêtait à 17 heures, maintenant il continue quand vous êtes chez vous ». Il est important de rappeler que ce déversement de haine a conduit de nombreux jeunes au suicide. Car derrière un écran, le harceleur tiendra des propos qu’il n’oserait surement pas exprimer dans la cour de l’école. L’anonymat et l’effet de masse renforcent à la fois la solitude des adolescents et l’escalade de la violence.


Prenons l’exemple de EnjoyPhoenix Youtubeuse connue par des milliers de jeunes a été harcelée dans le passé, elle partage des bribes de ses expériences régulièrement avec sa communauté. Mais les réseaux sociaux seraient-il à la fois les outils des harceleurs et des harcelés ? L’interview des jeunes gagnants du prix aide à y voir plus clair. En effet ils soutiennent que la frontière est mince entre la victime et le responsable de ces attaques, et qu’il est très facile de basculer, dans un contexte de harcèlement. 


Et ceci s’applique notamment au secteur de la beauté. Le business d’Instagram devient celui de l’hyper photogénie. Aussi, dans une tendance de sexualisation du corps de la femme (dès l’adolescence) et les photos dénudées sont devenues un marché porteur, créateur de « It girls » aux corps irréels. Le succès et la beauté se comptent alors en nombre de like et de followers. Les ruses se multiplient pour atteindre cet idéal impossible, en passant par la chirurgie esthétique, Photoshop, ou plus simplement par les filtres. Les jeunes filles souvent encore des enfants, complexent en regardant des photos qu’elles pensent représentatives de la vie réelle, alors que pour beaucoup ce ne sont encore que des enfants.


C’est cela 2019 : des codes de beauté qui se veulent nécessairement Instagramables. Prendre soin de son corps, se maquiller, n’est plus un geste privé mais un acte public. 


Aussi, pour stopper la spirale de l’angoisse, les réseaux sociaux proposent différentes solutions. Cela passe par les tutos YouTube des influenceuses, mais aussi par la promotion de produits sur Instagram. Selon vos recherches les plus fréquentes, vous constaterez que votre fil Insta sera pollué par les méthodes de perte de poids, les astuces fitness, etc. Et elles sont toujours postées par les mêmes influenceuses dont vous rêvez d’avoir le corps ou le visage. 


C’est la façon qu’ont trouvé les réseaux pour enrayer le problème majeur dont ils étaient la cause. Un plan parfait pour nourrir désir et détresse tout en poursuivant dans l’aspect « money making ». 


Même si les réseaux sociaux présentent de nombreux défauts, ils permettent de libérer la parole, ce qui peut avoir également des effets positifs. On l’a constaté récemment grâce aux mouvements « MeToo » et « BalanceTonPorc » qui ont permis à des femmes de s’exprimer sur les viols et violences, le harcèlement et tout simplement les propos déplacés qu’elles avaient subi.


En résumé, les réseaux sociaux se définissent comme un lieu de partage, une « Agora 2.0 » qui donne lieu à des réactions encore plus accentuées que dans la vie réelle. Il faut savoir les utiliser pour en faire des outils positifs. Finalement, les jeunes gagnants du concours précisent qu’« il n’y a pas de spectacle sans spectateurs » et qu’ainsi, chaque commentaire, chaque rire peut, derrière des écrans, détruire une vie.