Les Violences Éducatives Ordinaires

Lifestyle - Parents
12-06-2019
Les Violences Éducatives Ordinaires

Je ne vais pas te laisser dans le flou trop longtemps, les Violences Éducatives Ordinaires (VEO), aussi appelées « douces violences », sont toutes les formes de violences utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants. Que ce soient les violences physiques, les châtiments corporels mais aussi toutes les autres formes de violences plus discrètes comme les violences psychologiques ou culturelles.


par Anaïs 

Assistante maternelle, blogueuse...






Il y en a tellement que je ne vais pas pouvoir toutes les citer mais en voici quelques-unes : les fessées, les gifles, les humiliations, l’amour conditionnel, le chantage, le fait de forcer à manger, de tirer les cheveux, de mettre au coin et les punitions ou encore le laxisme. 

J’imagine que tu reconnais certaines pratiques éducatives et que peut-être je suis en train de t’offenser. J’ai ressenti la même chose le jour ou on m’en a parlé pour la première fois. En plus de me sentir jugée, j’étais certaine que « l’éducation bienveillante » était un phénomène à la mode pour justifier que l’on soit laxiste avec ses enfants. Tout de même curieuse, je me suis plongée dans de nombreuses lectures et ma vision de l’éducation a changé à tout jamais. 



Pourquoi ne faut-il pas utiliser les VEO dans l’éducation ?


Quand tu utilises une VEO sur ton enfant, soit : 


  • il va être sidéré, il ne va plus bouger et stopper immédiatement son comportement inapproprié. Tu te dis que c’est super, ton enfant t’a obéi, la méthode fonctionne ;
  • ou il va au contraire crier, t’affronter et tu penses alors que ton enfant ne te craint pas du tout. Tu es dépassée, tu ne sais plus comment faire pour qu’il t’obéisse, alors tu reprends le pouvoir en sévissant beaucoup plus fort… et c’est la spirale infernale de VEO qui s’enclenche. 





Les neuroscientifiques, comme Catherine Gueguen, ont découvert que lorsque l’on a recours à des VEO envers l’enfant, son cerveau libère une grande quantité de cortisol qui est l’hormone du stress. En se déversant, cette hormone va atrophier la zone préfrontale du cerveau et empêcher toutes les fonctions cognitives supérieures de se développer correctement.


En plus de l’impact sur le cerveau de l’enfant, elles mettent l’accent sur ce que l’enfant ne peut pas faire mais elles ne lui offrent jamais des solutions pour ne plus reproduire le comportement inapproprié. Finalement, elles ne permettent pas à l’enfant d’obéir par respect et par le partage des valeurs inculquées, mais par la peur.


Souvent, on dit : « De toute façon j’ai pris des fessée, ça ne m’a pas tué ! » C’est vrai, une fessée n’a jamais tué personne, mais ça ne forge pas non plus, ça blesse. Croire que l’on est devenu quelqu’un de bien parce que l’on a reçu des coups, des punitions ou toute autre forme de VEO est une forme de résilience ou peut-être de déni. C’est difficile d’accepter que nos parents nous ont fait du mal ou, pire, que l’on fait du mal à son enfant. Et si en tant qu’adulte, on justifie le comportement de ses parents, c’est bien la preuve du profond attachement qu’il y a entre un parent et son enfant et de la capacité que l’on a à avoir confiance en eux puisque l’on arrive même à se persuader qu’on l’a bien mérité et que finalement on n’en est pas morte. 

Je suis sûre que tu penses que je te propose un système éducatif permissif, mais ce n’est pas le cas puisque le laxisme fait partie des VEO.



Comment éduquer un enfant alors ? 


Je te propose de changer ton regard sur l’enfant et de ne plus le voir comme un petit tyran à dompter mais comme un être en construction, désireux de bien faire. Car le cœur de l’enfant est vraiment prompt à l’empathie, à l’apprentissage et à la coopération. 






Dans l’éducation bienveillante, on considère l’enfant comme un être à part entière, qui mérite d’être respecté au même titre que l’adulte. Mais son cerveau encore immature à besoin d’être guidé en fonction de ses besoins, des étapes de son développement et de ses capacités.

Notre rôle de parents est d’accompagner l’enfant dans sa construction par un « cadre », mais c’est la façon d’aborder l’application des règles qui est clairement différente. On utilise la coopération, le « donnant-donnant » parce qu’il est nécessaire que le respect aille dans les deux sens. On utilise une multitude d’outils comme l’autonomie, l’encouragement, la formulation positive, l’écoute des besoins, la décharge émotionnelle, l’utilisation du message « je »… Et tant d’autres encore… 


C’est tout un art qui nécessite avant toute chose de comprendre le fonctionnement de l’enfant. Isabelle Filliozat, dans son livre Au cœur des émotions de l’enfant, décrit parfaitement ce qui se passe dans le cerveau de l’enfant et comment se positionner en tant que parent. Je t’encourage vivement à le lire avant même que bébé pointe le bout de son nez. 


J’espère que ce petit billet, aura attisé ta curiosité, si c’est le cas, tu peux me retrouver sur les réseaux sociaux pour en savoir plus. 


À bientôt jolie maman. 


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