Pipi au lit … et si vous en parliez

Lifestyle - Parents
09-09-2021
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Le « pipi au lit », plus précisément appelé l’énurésie nocturne, est une affection qui peut paraître bénigne, et pourtant, on sait combien les répercussions psychologiques et familiales peuvent être importantes.


Souvent méconnue et sous estimée, l’énurésie et ses conséquences sont ce mois-ci à l’ordre du jour de votre magazine.


Qu’est-ce que l’énurésie nocturne ? C’est une miction involontaire et inconsciente qui survient pendant le sommeil. Elle se diagnostique à partir de 5 ans, l’âge auquel l’enfant ne fait habituellement plus pipi au lit. Elle est dite primaire si l’enfant a toujours mouillé son lit et secondaire si une période de propreté de 6 mois a été observée.


Dans ce cas, la cause est souvent un trouble psychoaffectif. Elle est mono symptomatique si elle est isolée, c’est-à-dire si elle n’est pas associée à une énurésie ou à des problèmes mictionnels diurnes.






Des chiffres sur l’énurésie


Elle concerne 6 % des enfants de 6 à 10 ans et 3% des adolescents de 11 à 14 ans. Les garçons en souffrent deux à trois fois plus souvent que les filles, et 55% des parents estiment qu’elle perturbe la vie familiale et 14% pensent que leur enfant fait exprès de mouiller son lit, ce qui entraîne de véritables répercussions psychosociales.



Dédramatisons !



L’énurésie nocturne est une affection liée à plusieurs mécanismes : un défaut d'éveil lorsque la vessie est pleine, une polyurie nocturne (c'est-à-dire une augmentation du volume d'urines produites) ainsi qu'un réflexe de vidange de la vessie persistant, durant le sommeil. On constate chez l’enfant énurétique une baisse de production de l’hormone antidiurétique (ADH) et un sommeil plus profond. On a également décelé des facteurs génétiques, 74% des garçons et 58% des filles ont au moins un de leurs parents ayant connu ce problème.



Les conséquences



Que l’on se place du côté de l’enfant ou de celui des parents, cette affection, qui peut sembler bénigne, peut avoir de lourdes conséquences sur l’environnement familial, scolaire et social.

Du côté de l’enfant : il éprouve un sentiment de honte et de tristesse car il ne le fait pas exprès, il peut se sentir incompris et ne veut pas aller dormir chez des amis, car il a peur des moqueries. La culpabilité l’envahit. De l’anxiété, de l’agitation, de l’impatience peuvent apparaître, l’enfant peut souvent être dans le déni : « Ce n’est pas moi, c’est doudou ». Faire pipi au lit est une source de souffrance.

Du côté des parents : ils pensent avoir raté quelque chose et éprouvent comme un sentiment d’échec éducatif. Ils peuvent aussi penser que l’enfant le fait vraiment exprès, il peut s’ensuivre des punitions, de l’épuisement généré par les levers la nuit pour changer les draps. C’est aussi parfois un secret familial lourd à porter.





Quelles solutions ?


La première est d’en parler à votre médecin ! Il va procéder à un interrogatoire sur les antécédents familiaux, la description des mictions, le mode de vie en analysant la qualité et quantité du sommeil, les boissons prises, les habitudes alimentaires. Il va rassurer l’enfant et les parents et établir une relation de confiance. Il faut absolument en parler !

Les solutions passent par des conseils hygiéno-diététiques. Il est ainsi conseillé de favoriser la miction avant le coucher, d’éviter les boissons dans les deux heures qui précèdent celui-ci, d’adopter une attitude visant à dédramatiser la situation et à responsabiliser l’enfant. On lui explique la physiologie de la miction, on lui propose de tenir un calendrier de propreté, on le fait participer au nettoyage.

En revanche, les moqueries et réprimandes sont à éviter de même que la pratique de levers nocturnes systématiques, qui désorganisent le sommeil de l’enfant.
Ces différentes mesures permettent déjà d’obtenir 18 à 30 % de guérison. Il peut être nécessaire d’avoir recours à un pédopsychiatre (lorsqu’il s’agit de « pipis au lit » qui reviennent suite à l’arrivée d’un petit frère ou à un événement marquant dans la vie de l’enfant).

Si tous ces conseils ne suffisent pas à régler le problème, votre médecin dispose des traitements qui peuvent redonner le sourire à tous.
Alors si votre enfant souffre d’énurésie, n’en faites pas un sujet tabou mais ne sous-estimez pas ce problème. Parlez-en à votre médecin qui saura vous rassurer sur cette affection plus fréquente qu’on ne le croit, et vous aidera à retrouver le sommeil et la tranquillité familiale.